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Pouvoir d’achat : Comment réconcilier ce que ressentent les Français et ce que disent les stats ?

C’est « le » thème économique qui revient en force à chaque élection présidentielle. Il s’agit bien sûr du « pouvoir d’achat », que chaque candidat ou candidate promet de préserver, voire d’augmenter. Selon un sondage réalisé fin septembre par Elabe pour BFMTV, c’est d’ailleurs la principale préoccupation des Français pour faire leur choix dans le futur scrutin.

Il n’est donc pas étonnant que chaque étude sur le pouvoir d’achat soit abondamment discutée et critiquée, et que chaque camp l’interprète à son avantage. Dernier débat en date : l’évaluation réalisée mardi par l’Institut des politiques publiques (IPP). Elle estime que le pouvoir d’achat a globalement progressé pendant le quinquennat d’Emmanuel Macron, mais que ce sont surtout les très riches qui en ont profité. De son côté, l’exécutif met en avant l’évaluation émanant de la direction du Trésor, qui montre à l’inverse que c’est le pouvoir d’achat des plus modestes qui a le plus progressé (en pourcentage) sur la période.

Une définition « simple »…

Si les deux études parviennent à des conclusions différentes sur les principaux « gagnants », elles s’accordent en revanche sur un constat : l’augmentation du pouvoir d’achat est réelle pour une grande partie de la population. Or, ces conclusions basées sur des statistiques diffèrent fortement du « ressenti » des Français. Fin septembre, un sondage montrait ainsi que 56 % d’entre eux estimaient que leur pouvoir d’achat avait baissé depuis 2017.

Comment expliquer cet apparent paradoxe ? En se plongeant dans la manière dont est « construit » l’indicateur. Le « pouvoir d’achat », qui correspond à la quantité de biens et de service qu’on peut acheter avec un revenu donné, est calculé à partir du revenu disponible brut des ménages (après impôts et cotisations) et de l’indice des prix. Si les revenus augmentent plus vite que les prix, le pouvoir d’achat augmente. Si les revenus montent moins vite, il baisse.

…Qui peut être affinée par foyer

C’est là qu’apparaît une première limite : comme l’explique l’Insee, « le pouvoir d’achat est une grandeur macroéconomique ». Autrement dit, c’est une mesure globale, qui n’a pas vocation à refléter la diversité des situations, ce qui peut conduire au sentiment de décalage avec la « vraie vie ». Heureusement, plusieurs méthodes existent pour affiner l’analyse.

Pouvoir d’achat : Comment réconcilier ce que ressentent les Français et ce que disent les stats ?

L’une d’elles consiste à diviser le revenu disponible par le nombre de personnes composant le foyer. On parle alors d’unités de consommation (UC). Ainsi, un célibataire compte pour 1 UC, puis on ajoute 0,5 UC par « adulte » (plus de 14 ans pour l’Insee) et 0,3 UC par enfant supplémentaire. Cette approche permet une statistique « plus représentative de la composition des ménages et in fine plus proche de la réalité de la consommation des ménages », assure l’Insee. Ainsi, en 2020, le pouvoir d’achat « moyen » a progressé de 0,4 %, alors qu’il a stagné (0 %) si on prend en compte les unités de consommation (voir graphique ci-dessous).

Evolution du pouvoir d’achat entre 2010 et 2020 par 20 Minutes.

…Ou en prenant en compte d’autres dépenses

Cette prise en compte de la diversité des foyers permet de « tempérer » la hausse du pouvoir d’achat, mais cela reste malgré tout une hausse. Alors comment se rapprocher encore plus du sentiment de « baisse » ressenti par la population ? Peut-être en prenant en compte un autre indicateur : les dépenses « pré-engagées ».

L’Insee les définit comme des dépenses « difficilement renégociables à court terme » : le loyer, le remboursement d’emprunts, les factures d’eau et de chauffage, les assurances, les abonnements téléphoniques ou encore la cantine des enfants. Lorsqu’on retranche ces dépenses du revenu disponible, on obtient le « revenu arbitrable ». Il permet d’estimer « le budget sur lequel le ménage a vraiment la main, y compris à court terme », indique France Stratégie dans une note publiée en août.

Or, la part de ce « revenu arbitrable » tend à se réduire, parce que les dépenses « pré-engagées » augmentent fortement depuis vingt ans. Selon France Stratégie, elles représentaient 32 % des dépenses totales des ménages en 2017, contre 27 % en 2001. Et selon la richesse des ménages, les disparités sont très fortes.

Des dépenses « pré-engagées » plus lourdes chez les plus pauvres

Ainsi, chez les ménages pauvres (moins de 1.025 euros de revenus par mois pour une personne seule), la proportion des dépenses « pré-engagées » a bondi de 10 points entre 2001 et 2017 (de 31 à 41 % du revenu total), principalement à cause de l’augmentation des loyers et des charges. Chez les ménages modestes (entre 1.025 et 1.526 euros de revenus pour un célibataire), la part de ces dépenses a augmenté de 7 points. En revanche, chez les ménages aisés (plus de 2.280 euros par mois), la charge s’est alourdie de seulement 3 points.

Part des dépenses pré-engagées dans la dépense totale (2017) par 20 Minutes.

La conséquence, c’est donc que l’augmentation éventuelle des revenus est « grignotée » par ces dépenses toujours plus élevées, surtout chez les plus modestes. Ce qui peut contribuer au sentiment que le pouvoir d’achat ne progresse pas vraiment.

Ne pas subir de « sentiment de déclassement »

Deux autres facteurs peuvent également jouer sur le « ressenti » du pouvoir d’achat, de manière plus subtile. D’abord, comme le rappelle la cheffe économiste du Trésor, Agnès Benassy-Quéré, dans un billet de blog, les ménages ont « une aversion particulière pour les pertes [financières]. Si une politique publique combine, comme c’est le cas sur la période 2018-2022, des mesures favorables au revenu disponible (suppression progressive de la taxe d’habitation, hausse de la prime d’activité,…) et des mesures défavorables (renforcement de la fiscalité tabac, réforme des aides au logement), il est possible que les mesures défavorables soient davantage pondérées [comprendre visibles], dans l’esprit des ménages, que les mesures favorables ». Ou, comme le résumait à sa manière Emmanuel Macron : « En France, on regarde le centime qu’on perd, jamais celui qu’on gagne ! ».

Il y a aussi, selon Didier Blanchet, de l’Insee, « une course-poursuite entre le pouvoir d’achat et les normes de consommation ». La société crée en effet en permanence de nouveaux besoins – ordinateurs toujours plus puissants, nouveaux téléphones chaque année –, qui poussent les consommateurs à s’équiper toujours plus afin de ne pas subir « un sentiment de déclassement », comme l’assure Didier Blanchet. Quitte à rogner sur le pouvoir d’achat chèrement acquis.

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