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« Le savoir des économistes n’est pas tel que les responsables politiques doivent suivre en toute confiance leurs préceptes »

Tribune. La floraison de propositions économiques, souvent hétérodoxes, en ce début de campagne présidentielle a incité la profession des économistes à se demander, à l’exemple de l’économiste Emmanuelle Auriol, dans sa tribune au Monde du 17 décembre 2021, « Pourquoi les économistes sont-ils si peu écoutés par les candidats à la présidentielle 2022 ? » Une réponse récurrente souligne le déficit de culture économique tant des citoyens que des responsables politiques. Que plus d’économistes accèdent aux responsabilités politiques et les sociétés s’en porteront mieux !

On ne saurait se satisfaire de cette proposition. Elle surestime le savoir des économistes, elle postule une improbable fusion de deux professions aux antipodes. Surtout, elle néglige la mobilisation des attentes et des compétences des citoyens. Il est inutile d’insister sur le fait que le savoir des économistes n’est pas tel que les responsables politiques doivent suivre en toute confiance leurs préceptes.

Lire aussiArticle réservé à nos abonnés« Les propositions des économistes se réfèrent à un monde trop imaginaire pour espérer avoir quelque effet sur le réel »

En effet, il est une raison beaucoup plus fondamentale au pouvoir discrétionnaire accordé aux responsables politiques. Le savant – qu’aspire à être l’économiste – se doit de rechercher à établir la vérité des propositions qu’il avance. Il propose un paradigme dont il découle des propriétés qu’il doit soumettre à une multiplicité d’épreuves : si elles y résistent – circonstance rare en macroéconomie –, la communauté à laquelle il appartient reconnaît son caractère scientifique.

Le poids de l’opinion publique

« Le savoir des économistes n’est pas tel que les responsables politiques doivent suivre en toute confiance leurs préceptes »

Cela suppose que les phénomènes se reproduisent à l’identique dans le temps et l’espace. Or ce n’est pas le cas pour les innovations qui font époque : hier l’euro, la libéralisation et la globalisation financière, aujourd’hui les réponses au changement climatique, aux pandémies et aux inégalités.

Comme la plupart des économistes restreignent leur analyse à l’allocation des ressources rares pour satisfaire des besoins potentiellement illimités, tous les processus sont donc évalués à l’aune du principe d’efficience. Soit une conception particulière de ce qu’est une « bonne société », qui n’a pas vocation à l’unanimité. Les économistes laissent ainsi volontiers aux décideurs publics la question de la justice sociale ; or elle conditionne souvent l’acceptation des politiques économiques.

Lire aussiArticle réservé à nos abonnésLe gouvernement veut reproduire le succès de start-up industrielles telles qu’Exotec

Le contraste avec l’habitus du responsable politique est manifeste. Son objectif à lui est d’accéder au pouvoir, de s’y maintenir en décidant de mesures qui consolident son soutien par une fraction suffisante de la population. Il est donc tourné vers l’opinion publique. De nos jours, il recourt aux sondages tant quantitatifs (cote de popularité) que qualitatifs (degré d’approbation de telle ou telle mesure) … même si par le passé leurs résultats, mal interprétés, ont été source d’échecs cuisants.

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